Américains, je vous écris de l’avion qui me ramène en France

En 1949, Jean Cocteau, et, sur ce blog, intimes comme nous sommes avec lui maintenant, il serai de bon ton de l’appeller uniquement par son prénom. Jean, donc, a effectué un voyage en Amérique, de vingt jours, pour parler de ses films, notamment de L’Aigle à deux têtes. (Aujourd’hui, nous dirions qu’il fait de la « promotion »).

Au retour de son voyage, dans l’avion, Jean écrit une Lettre aux américains.

Je note, ci dessous, deux passages qui m’ont touchés.

« La Terre nous semble vieille. Elle doit avoir seize ans par rapport à la durée d’une vie d’homme. C’est l’âge de la bagarre dans les cours des collèges, des jeux de mains et de vilains. Sans doute était-elle au moment de l’ance Egypte, à l’âge des pâtés de sable au bod de la mer. Au moment de la Grèce des philosophe, à l’âge où l’on interroge les parents. Notre chance sera de ne pas vivre sur la Terre lorsqu’elle aura l’âge de raison. C’est l’âge le plus morne. »

« Il est fort drôle, en outre, de parler de décadence sur une terre qui résulte d’une décadence. En effet, la lumière ne résulte que d’une décomposition. Dés qu’un astre cesse d’être à l’état de nébuleuse (qu’il vieillit en quelque sorte), il se décompose et s’enflamme. Lorsque le feu se minimise et se pelotonne, l’astre se croûte. il est en décadence et la vie se forme. Il grouille de vermines. C’est nous. »

N.B : Je conseille énormément à tout les cinéphiles qui passeront sur cette page, cette lettre, tant Jean était en avance sur son temps, et tant il a deviné ce qui se passerait dans l’industrie du cinéma française et américaine.

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