Solange et les vivants

Qu’on se le dise, les youtubeurs envahissent le grand écran, souvent pour le pire, mais parfois pour le meilleur, c’est ainsi que Solange, de la chaîne Solange te parle, nous offre une comédien existentielle dont pourrait raffoler en théories, bobos et parisiens gauchos. J’ai découvert Solange sur le tard et je n’ai pas tout de suite accroché au personnage à vrai dire, je ne savais pas ou s’arrêtait le faux, où commençait le vrai, et la mise en scène de cette personne m’agaçait terriblement. Jusqu’à ce que je me renseigne un peu plus et que je comprenne qu’effectivement, Solange est un personnage, crée de toutes pièces par Ina Mihalache, Québécoise d’origine, qui met en scène la vie de ce personnage au débit de parole particulier. Solange est donc bel et bien fictive et devient d’un coup, d’une rare poésie, faisant tour à tour des bilans culturels, l’amour avec Paris ou pipi dans la nature. Parfois triste, souvent soucieuse, le personnage s’interroge sur la vie et ses caprices. Si chaque pastille vidéo ne dure pas plus de vingt minutes au maximum, que pourrait nous apporter de plus, un long-métrage d’un peu plus d’une heure ?

commence par une Solange, qui après avoir retranscrit de curieuses conférences pour gagner sa vie, mène probablement durant son temps libre, une étude comparative des différents moutons de poussières selon les pièces dans lesquelles ils se forment, avant d’être interrompue par un livreur, charger de lui remettre un colis spécial, quelle refuse de rencontrer n’ayant rien commandé. Fortement émue par ce qui semble être son premier contact humain depuis des semaines, Solange s’évanouit. Inquiets, ses médecins et propriétaires se chargent de lui trouver de la compagnie pour qu’elle ne soit plus jamais seule au cas ou un tel incident se reproduit. C’est ainsi que défile, dans la vie de la si solitaire Solange, une galerie de personnages, jamais dans l’extrême ni dans la caricature, dont une jeune mère et son bébé, l’ancien amant de l’héroïne, qui est introduit par une délicieuse discussion sur l’art du cunnilingus et la manière de s’y prendre mieux par la suite. Suivra un clubbeur, un pompier, une prof de yoga et même les trois accords (un peu les Joyeux Urbains Québécois, hyper connus dans leur pays d’origine, contrairement aux Joyeux Urbains ici, que vous devriez écouter). Ces personnages gravitant autour de Solange , pour la plupart acteurs non professionnels, l’aide à se sociabiliser à nouveau et à chercher d’elle-même le contact humain par la suite. Comment ? Grâce à YouTube. Et c’est ainsi que Solange et les vivants, devient le prequel du personnage phare du YouTube français.

Alors qu’on pourrait s’attendre finalement à un petit film branchouille pour jeunes trentenaires mélancoliques, Solange et les vivants s’apparente au final, par petites bribes successives, aux formidables films de Benoît Delepine et Gustave Kervern (Saint-Amour, Mammuth, Le grand soir ou encore Louise-Michel), laissant les non-comédiens improviser et faire avec ce qu’ils ont, leurs faiblesses comme leurs forces. Montrant des corps encore authentiques ou de vraies personnes que la vie aurait pu, ou a, abimées (je pense notamment à cette formidable Françoise, loin d’être jeune, mendiant dans la rue le jour et chantant sa tristesse dans les bars la nuit) et une jolie scène de projection mentale au Quebec, pays d’origine de Solange / Ina, avec les vrais parents de cette dernière. Ce qui contribue d’ailleurs à embrouiller encore plus le public, ne sachant faire la distinction entre Solange et Ina. Assister à la naissance du personnage de YouTube n’est en soi qu’un surprenant accessoire, dont on aurait pu se passer, donnant à la fin de ce très court long-métrage, un goût de justification de la part d’ Ina Mihalache. Notons également que le film est « chapitré » par protagonistes, et se transforme donc en petit film à sketchs, l’artiste ne sortant finalement pas tant de sa zone de confort youtubesque, ne durant pas sur la durée et à la réalisation simple, sans prises de risque finalement. J’espère toutefois que Ina Mihalache coupera le cordon avec Solange et nous proposera par la suite des courts ou longs-métrages plus aboutis sans perdre cette poésie qui lui sied si bien.

juste sorti en DVD chez BlackOut (le film était disponible jusqu’alors en téléchargement sur Itunes) et proposant des bonus déjà disponibles sur le net (Des sketchs de Solange cités dans le film, le journal de bord du tournage), Solange et les vivants est peut-être un joli cadeau à faire à votre neveu, qui ne jure encore que sur Godard et Chantal Akerman (dont se revendique Ina Mihalache) en première année de licence de fac de cinéma.

On ne naît pas grosse de Gabrielle Deydier

Tout les mois j’essaie de lire un ouvrage qui m’interroge et me permet de pousser ma réflexion sur le féminisme contemporain. Cet été j’ai lu On ne naît pas grosse de Gabrielle Deydier, et je ne vous cache pas que ce fut une lecture assez pénible. Mais ne vous méprenez pas, l’autrice est douée, le livre est très bon, mais mon empathie malheureusement à été exacerbée durant ma lecture et m’a fait grandement relativiser sur mes dix kilos de trop.

Gabrielle Deydier est la fondatrice de Ginette le mag, à 37 ans elle se livre sans tabous dans son ouvrage autobiographique. Victime de la grossophobie depuis son adolescence, elle raconte qu’elle s’est sentie grosse avant de le devenir réellement et alternant, de ce fait, régimes, TCA et agressions autant physiques que verbales. À travers son témoignage et celui de plusieurs militantes féministes et anti grossophobie (notamment Daria Marx),  l’autrice nous force à nous confronter aux violences quotidiennes que la société, et nous, infligeons aux personnes dont l’IMC dépasse la norme imposée. Et ce n’est d’ailleurs pas un acte d’une extrême violence que le livre commence, lorsqu’une jeune fille lui hurle au visage qu’elle est grosse en la filmant, et ça continue, dans la rue, chez ses parents et là où nous sommes finalement, le plus vulnérable, dans les cabinets médicaux. Ce n’est pas nouveau, c’est rare de trouver du personnel médical bienveillant (je n’ai toujours pas trouvé de gynécologue qui ne me parle pas comme on parlerait à une enfant par exemple) et à l’écoute, et d’après le témoignage poignant de l’autrice, encore plus lorsqu’on est en surpoids. Puisque ce gras qui nous entoure est forcément le « père de tous les vices », et pas l’inverse. Pendant 146 pages Gabrielle Deydier ne s’excuse pas d’être grosse, comme elle pu le faire dans vie, elle ne s’invente pas d’excuses quant à son obésité, bien on contraire. L’autrice se libère de ce poids et livre sur papier les injonctions sociétales qu’elle refuse. Non elle ne passera pas par la sleeve ou le by-pass, non elle ne cédera pas aux régimes hyperprotéinés qui détruisent la santé.

Le dernier chapitre « Ou sont les gros » est très important et m’a beaucoup touché, puisqu’en tant que comédienne, si je suis en surpoids j’ai le droit aux rôles de la fille « pulpeuse » ou de la « meilleure amie célibataire, mais rigolote de l’héroïne principale du film ». Les rôles de filles grosses sont donnés à des filles minces qui mettent en danger leur santé et leur métabolisme de base en suivant des régimes destinés à les faire grossir. Ca fout les boules on est d’accord ? Dans ce chapitre Gabrielle Deydier énumère le peu de grosses qu’elle a pu voir sur le petit ou grand écran, la plupart ayant énormément maigri par la suite. Et c’est encore plus triste comme constat. 

En bref, ce petit article sur ce blog que je refuse d’abandonner malgré tout, qui j’espère vous donnera envie de vous procurer cet ouvrage, que vous soyez mince, en surpoids, obèse ou ce que vous voulez, parce que c’est toujours bien de lire sur des sujets qui ne nous touchent pas forcément, ou de loin. D’ailleurs si vous avez une lecture féministe à me conseiller, concernant un féminisme pas forcément blanc ni athée, je suis tout ouïe  !

Warner Bros. Studio Tour London – The Making of Harry Potter

Oui je sais, à l’heure où j’écris ces quelques lignes, cela fait déjà plus de trois mois que j’ai visité les Studios Harry Potter, et j’ai mis beaucoup trop de temps à écrire cet article, et en plus je ne le publie pas forcément au bon moment, car vous comme moi savons qu’en juillet et août, on est plus souvent à l’extérieur avec un bon livre, ou à jouer à Pokemon GO, qu’à l’intérieur en train de lire les blogs qu’on suit. Alors quoi de mieux pour officialiser la rentrée qu’un article sur l’une des meilleures écoles du monde ? Enfin sur les studios de la meilleure saga du monde ? Let’s go !

Tout d’abord, en ce qui me concerne, j’ai visité les studios en voyage organisé, tout était payé, tout était réglé au millimètre près, et si c’est un peu chiant quand on des touristes vagabonds, je dois avouer que pour tout ce qui est déplacement de Londres à Leavesden (c’est à dire à 30km de Londres), sans compter l’achat des billets, c’est plutôt pratique et rassurant. Et je pense que si c’était à refaire, je le referais, même si tout le groupe attend dans le bus et te harcèle de messages alors que tu n’as pas fini ta visite (salauds).

Et la visite parlons-en. Si j’avais adoré l’exposition Harry Potter à la cité du cinéma (dont on retrouve quelques éléments aux Studios, et c’est bien normal), là j’ai juste … rêvé ! Pendant trois heures ! Trois heures de pur rêve de fan éveillée. Et ça pourrait être long trois heures pour une exposition, sachant que très souvent je m’emmerde au bout de dix minutes. Mais là non, au contraire c’est passé à une vitesse plus que folle. Ludiques et aérés, les studios sont pensés pour qu’on puisse circuler sans se presser et sans se bousculer, ce qui participe aisément aux bons souvenirs que laisse cette visite.

J’ai plus de cent photos à caser dans cet article, donc je ne vais pas essayer de commenter tout ça, mais aucune de la grande salle, dans laquelle on débute, non sans une certaine émotion, la visite des studios. Mais ce n’est pas grave, je ne voudrais pas vous spoiler votre prochaine visite. Je suis toujours super émue de voir les costumes en vrai, d’avoir un aperçu des corps des acteurs, de constater qu’ils sont petits, ou très maigres ou inversement. C’est fascinant de voir à quel point tout est manipulé au cinéma. Et ça fait certainement partie de cette jolie magie qu’on aime tant. Et en parlant de magie, être à l’intérieur du bureau de ce con de Dumbledore est peut-être l’un des plus chouettes moments de ma vie (rien que ça), voir la pensine, Fumseck, le détail des robes de Dumbledore, la collection d’objets bizarres qui me faisait baver d’envie. Rien que de vous l’écrire ici j’ai qu’une hâte, c’est d’y retourner à nouveau (peut-être en 2020 quelque chose, après la sortie du dernier volume des Animaux fantastiques, vu qu’ils prévoient d’ouvrir de nouveaux studios à côté). Continue reading « Warner Bros. Studio Tour London – The Making of Harry Potter »

[Concours] Gagnez deux invitations pour Walk with me

Aujourd’hui je vous propose de tenter de gagner deux places pour aller voir Walk with me de Lisa Ohlin, un film danois, et j’adore les films danois, qui sort en salle le 26 Juillet.Malheureusement le film ne passe pas dans ma ville, et je ne l’ai pas vu. Je vous copie donc le communiqué de presse, comme une sauvage

Walk with me est une romance racontant l’histoire « d’un soldat parti en mission un soldat parti en mission dans le Sud de l’Afghanistan où il perd – à cause d’une mine – ses deux jambes. La réalisatrice se penche sur la rééducation, physique et sentimentale, de son protagoniste au contact d’une danseuse du Danish Royal Ballet. En effet, elle fonde son scénario sur l’aide réelle donnée par les danseurs du Danish Royal Ballet pour aider les soldats blessés au moment de leur rééducation grâce à leur connaissance et leur maîtrise du corps. » 

KMBO m’ont proposé de vous faire gagner 5 invitations pour deux personnes, mais je vous demande de vérifier si le film passe près de chez vous avant de participer au concours, ça serait dommage de priver deux personnes de pouvoir voir un film alors que vous ne le pouvez pas ! Et puis venez me raconter après ! Pour ce faire, comme d’habitude, remplissez le questionnaire et suivez-moi sur les réseaux sociaux pour gagner une chance supplémentaire : Facebook – Twitter et Instagram ! Et comme d’habitude, attention à la saisie automatique !

Concours clôt